Des ADAS aux AD : quels enjeux pour quelles ruptures ?

Interview des conférenciers
 

La conduite autonome est l’une des révolutions en cours pour l’automobile, une mutation qui est amorcée avec la multiplication des aides à la conduite déjà commercialisées. Cette évolution induit des changements dans de nombreux domaines : conception des voitures, comportements nouveaux pour les conducteurs, réglementation, équipements.

Conférenciers :

Vincent ABADIE -  Senior Expert ADAS and autonomous vehicles - Groupe PSA
Marc PAJON - Alliance autonomous driving validation leader – Groupe Renault

Le véhicule autonome permettra de redonner du temps libre au conducteur et de faciliter sa vie, mais son déploiement sera long pour qu’il soit opérationnel en toutes situations. « Il devra être plus performant qu’un conducteur » a annoncé Vincent Abadie qui précise que la liste des aides à la conduite aujourd’hui commercialisées est déjà longue.

Une indication du besoin de temps pour le développement des véhicules autonomes est donnée par les deux courbes de cycle de maturité des technologies émergentes présentées par Marc Pajon : « Celle exposée au congrès Vision de 2012 montrait les voitures autonomes être déployées dans 5 à 10 ans alors que celle d’aujourd’hui indique… encore 10 ans. » Il reste de nombreuses tâches à développer pour une meilleure autonomie, surtout afin de faire face à des situations imprévues dans le trafic (queue de poisson, route déviée, objet sur la route, etc.).

Les passages des délégations de conduite des niveaux 2 à 3, puis à 4 posent par ailleurs le problème de la reprise en mains du véhicule par le conducteur, ainsi que du transfert de responsabilité du conducteur vers le constructeur. La réglementation doit aussi évoluer : il est déjà acquis qu’il sera bientôt possible de lâcher les mains du volant sur un véhicule doté de la fonction de maintien en ligne.

La sécurité est l’enjeu majeur. Les méthodes classiques de validation ne sont pas envisageables car elles nécessiteraient logiquement 250 années de roulage d’une flotte de 300 véhicules ! La solution est le développement des outils de simulation qui s’appuient sur une base de données des cas d’usage (lignes blanches effacées, travaux, personnes sur une chaussée à 4 voies, etc.) la plus complète possible. Il est alors nécessaire que cette base soit partagée avec tous les acteurs : constructeurs, équipementiers et autres organismes, mais des essais restent indispensables pour les validations.

Le challenge du véhicule autonome demande de nouvelles compétences, qui sont encore rares, une évolution de l’architecture électronique et une nécessité pour différentes équipes de développement de mieux collaborer.

Télécharger la présentation ICI (réservé aux membres SIA)